La "norme" dans la vie de tout à chacun, pèse assez lourd sur le bonheur. Même le plus libre d'entre nous a toujours le poids de la bonne société et des bonnes mœurs, celles qu'on se doit de suivre pour être un individu accompli.
Ces temps ci, dans la presse, on a pu lire que 4,3% des femmes ne voulaient pas avoir d'enfants. On commence doucement, a se dire, que peut être, il est possible...mais vraiment peut être hein ! qu'une femme puisse ne pas être qu'une mère. Qu'une femme, c'est un être vivant qui n'existe pas exclusivement pour donner la vie. Et pareil pour les hommes, même si j'ai remarqué que les hommes s'en tirent avec plus de panache lorsqu'ils ne construisent pas à travers ça. Ce sont des hommes "libres" ou des carriéristes. Les femmes ? des salopes égoïstes.
Alors oui, dans notre société il n'est plus rare de voir des femmes, qui passées les 30 ans se sont épanouies d'une autre manière.
C'est très bien d'avoir des enfants, d'être mariée et épanouies la dedans. C'est même instinctif et comme j'ai pu en discuter avec certaines de mes amis, mères fières et femmes mariées, elles ne concevaient pas les choses autrement, c'était un besoin physique et évident dans leur conception du bonheur. Leur conception. Pas la mienne par exemple. Mais je trouve malgré tout, rassurant cette image de foyer idyllique, cette norme, qui malgré mon besoin contraire à ça, me laisse un gout d'amertume à me dire que je ne gouterai pas à ce schéma ( ha la dualité !)
Jamais, je n'irai dire à une mère, qu'elle rate quelque chose à cause de ses enfants, qu'elle ne s’épanouit pas en tant qu'individu, qu'elle est soumise aux diktats de reproduction, que MOI je suis plus libre, plus passionnée, donc plus heureuse ou je ne sais quelle connerie. Alors pourquoi l'inverse est il logique ?
Je commence à être lassée de me justifier quant au fait que je n'ai pas d'enfant.
Et que je NE PEUX PAS en avoir. Et que, de toute manière je n'en aurai pas souhaité.
C'est quelque chose de normal de "forcer" "pousser" les femmes à la maternité, avec en prime, une culpabilisation évidente si la femme émet la théorie saugrenue qu'elle ne veut pas d'enfant.
Petit florilège des phrases entendues :
-Tu n'en veux pas maintenant, mais tu verras quand tu auras muris.
Ha oui ? Toi tu étais donc plus mur que moi à 20 piges quand t'as eu ton marmot avec un raté qui t'a quitté ?
-J'étais comme toi, moi aussi avant, je n'en voulais pas et puis je me suis posée, tout a changé.
Non, justement tu n'as absolument jamais été comme moi. On n'a jamais rien partagé de semblable dans nos façon de pensées et moins encore dans le vécu. On est tous différents. T'aime le rose je déteste. Kif kif pour nos façon de vivre.
-C'est très égoïste de ne pas souhaiter d'enfant, tu ne vis que pour toi.
Et ? N'est ce pas tout autant égoïste de mettre au monde une nouvelle âme sans n'avoir rien de particulier a lui offrir, sans raison évidente, juste pour s’épanouir soit même, ou pire, laisser une trace de SOIT dans le futur ? On vit. Point. peut importe la manière tant qu'on emmerde personne. J'emmerderai personne avec mes chiards qui hurlent dans Carrefour un samedi aprèm'. Tu n'es pas plus égoïste qu'une autre, tu vis aujourd'hui pour tes enfants, je vis pour ma famille et mes amis....
-Tu vas regretter quand tu seras vieille de ne pas avoir d’héritier.
Celle là c'est ma préférée ! C'est sur que de ne pas laisser mes gênes de Spondylarthrite ankylosante et mon système immunitaire en berne a ma descendance...Ça m'attriste grandement. Et puis merde, ça aurait été pratique de faire payer ma maison de retraire à mes gosses.
-Tu ne peux pas en avoir ? c'est comme ne pas être une vraie femme.
Je n'ai rien a ajouter. Cette phrase m'a dégoutée et choqué, tout simplement.
-Tu ne peux pas en avoir ? C'est pas grave il y a l'adoption. (existe la version " la médecine a fait des progrès, suis des traitements, je connais de bons gynécos etc etc )
FOUTEZ MOI LA PAIXXXXXX !!!!!
-Tu ne peux pas en avoir ? Mon dieu, je suis tellement, tellement désolée pour toi.
Celle ci est mignonne. Une empathie normale. En apparence. Si ce n'est qu'elle s'accompagne d'une mine sinistre et d'une forme de pitié presque malsaine. C'est la réaction habituelle de 90% des gens. Lorsque j'avance avec un sourire serein "Ce n'est pas grave, ce n'était pas dans mes projets", les réactions peuvent être vraiment tranchées. Les gens "normaux" répondent "écoutes tant mieux, au moins ça évite de la souffrance" mais la plupart me répondent "Tu te convainc comme ça, c'est moins douloureux pour toi" Et là je bondis ! Ha bah désolée de ne pas être sous anti dépresseur alors ! Comme toi parce que ta mère t'avais dit que t'avais un gros cul il y 15 ans de ça.
En fait dans tout ça, je ressens souvent que mon interlocuteur se place au dessus de moi. Je suis une femme incomplète, inachevée, parce que je ne peux et ne veux donner la vie. Cela fait de moi une éternelle adolescente. Ce qui, est corroboré par ma façon de vivre, le fait que je sois artiste, que je vive seule etc etc Certain se sentent supérieurs. Mon mode de vie, mes choix leurs apparaissent comme immatures. Ils se sentent valoriser.
Je ne cache pas que je suis presque soulagée d'être stérile.
Je mentirais si je ne disais pas que j'aurai probablement été tenté d'avoir un enfant. Autant par réelle envie, qu'a cause d' une image d’Épinal, du bonheur si parfait que seule la maternité semble pouvoir m'apporter. Tout du moins, l'idée m'a traversé. Mais jamais je n'aurai voulu prendre le risque de transmettre ma maladie. Vu ma vie, la souffrance, tout ce que ça a entrainé. ? non je n'aurai jamais pu prendre ce risque là.
Et la nature a décidé pour moi. Il y a une logique à chaque chose. Je ne suis pas faite pour être mère.
Il n'y a pas besoin d'autre justification que mon choix.
Une femme n'est pas qu'une mère. Il faudra encore longtemps avant que cesse cette culpabilisation constante pour être une "femme absolue"
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/02/11/01016-20140211ARTFIG00380-ces-francais-qui-ne-veulent-pas-avoir-d-enfant.php
Une vie de renarde
mardi 25 mars 2014
dimanche 23 mars 2014
Liberté sexuelle mais par étape.
Blablabla.
C'est tellement réducteur, cette misogynie presque encrée dans les mœurs qui laisse entendre que les femmes seraient des romantiques, en quête du grand amour et qu'elles peuvent piailler des heures sur le sujet, une manucure séchant sur leurs petites mains en mal du mâle. C'est bien connu tout est une putain de question de genre.
Qu'une femme qui ne serait pas dans une relation autre que baigné d'amour, ne serait pas une femme respectable. (pas de sexe libre pour une "vraie femme")
J'ai donc toujours été respectable, mais pas forcement respectée, allez comprendre !
J'avais des convictions sur l'amour. Je n'ai jamais imaginé ma vie sans amour, sans cette union presque sacrée entre deux êtres qui sont fait pour être ensemble et qui s'accordent autant moralement que physiquement. J'ai toujours été convaincu, persuadée que je vivrais une grande histoire, ma vie durant, sans ciller, jamais. Je voulais et je veux toujours, sans trop y croire, cet absolu, cette compréhension totale dans le silence, cette acceptation totale de l'être, dans le plus parfait dévouement. Un accord tacite entre deux êtres pour le meilleur et le pire, sans réfléchir.
Probablement un autre cliché encré dans le subconscient sur comment doit être le véritable amour.
Alors quand a 18 ans j'ai découvert la puissance de l'amour, de celui torturé et nocif qui rend malade, détruit et achève en son final, qui s’arrête un beau jour car le choix était mauvais, il m'a fallu retrouver des repères. Broyée par la propre force de mes convictions.
J'ai découvert l'amour physique, moi qui semblait traumatisée et qui n'avait jamais été porté sur la chose avant lui. Pour lui je me consumais. Il m'a tout appris, avec grâce dans la force des sentiments. Peu de sensualité, peu conscience de ce que je faisais, plutôt comme une chose instinctive. Parfois je le faisais pour lui faire plaisir, sans envie, juste pour rester "parfaite". J'acceptais sans trop savoir ce que je faisais.
J'avais tant manqué de repaires dans mon enfance. La vision que j'avais de l'amour ne pouvait être que faussée. Il était vitale pour moi de ne pas échouer.
J'ai perdu.
En fait j'ai toujours été perdu.
AMOUR
Je n'ai même plus de définition pour ce sentiment et ce mot. J'ai la sensation que tout n'a été qu'illusion chimique.
J'avais toujours cru que mon bonheur passait par l'autre, comme pour ne pas me sentir responsable de mon propre vide intérieur, de pas être décideuse de mes bonheurs, me perdre dans l'être aimé, comme une vie par procuration, tout cela avait une raison, obscure, de petite fille romantique, trop prude pour mon âge, trop sur de mes choix futurs, dans une forme de soumission et de dévotion absurde, en opposition totale avec ma soif de liberté et mon besoin d'indépendance.
A 23 ans j'ai vécu un autre amour. Celui de la raison, de la dévotion.
6 ans d'une vie douce et logique, en paix avec moi même. Comment expliquer ce sentiment de bien être, comme si tout allait pour toujours rester ainsi ? Que rien ne nous séparerait.
Il était et reste mon phare dans la nuit, mon repère de raison dans un monde qui me semble parfois si sombre que je souhaiterai dormir une éternité.
Mais l'amour revêt différents manteaux. Et cet amour là a prit le chemin de la fraternité et de l'amitié.Vivre dans sa vie une amitié aussi belle et aussi forte depuis plus de 15 ans vaut largement la palme sur l’échelle des sentiments.
La passion m'a manqué, le sexe, le désir, l'animalité.
Durant des années, malgré une faiblesse de ce coté là j'étais comblée. Mais avec le temps, s'est devenu lourd, quelque chose s'est réveillé en moi. Plus je devenais femme et plus j'avais des besoins physiques. Besoin d'être désirée. Besoin d'un épanouissement de ce coté là.
A 28 ans, sans m'y attendre j'ai vécu le coup de foudre. Ravageur. Tombée amoureuse d'un psychopathe, menteur et névrosé n'est pas une bonne idée ! Mais quelle découverte ! Je suis devenue une autre femme avec lui, a travers le désir qu'il me portait et j'ai renoué avec ma sensualité endormie.
18 mois après ma séparation avec ce monstre, je pense encore à lui et je souffre. La blessure se referme. Bientôt je n'y penserai plus du tout. La rage fera place a l'ignorance, la déception sera une force.
A l'heure où je met en ligne ce post, la blessure est est cicatrice a peine visible.
Mais depuis, mon cœur est vide. Il y a comme un trou à l’intérieur.
J'ai essayé, quelques aventures. Je n'ai su qu'être fausse et cynique.
J'ai seulement 30 ans.
Une nouvelle partie de ma vie commence, je ne veux pas devenir cynique. Comme ces trentenaires, dynamiques et beaux que l'on voient dans des reportages TV de mauvaise qualité, qui sont seuls, rêvent de construire un foyer sans trop savoir si c'est parce qu'on leur a bourrés le moue avec des conventions sociales ou si ils le font parce qu'ils pensent que leur bonheur ne peut passer que par ça. Je refuse de passer ma vie a flirter, sans jamais trouver celui qui me fera vibrer, avec qui je serai libre et heureuse.
Et si l'amour aussi nous était imposé comme un accès obligatoire au bonheur ?
En réfléchissant bien je n'ai jamais été aussi moi même depuis que je suis célibataire.
Libre. Sans contrainte. Je suis moi même a 100%, je ne cache plus les défauts. Je ne me suis jamais sentie aussi seule et aussi vivante en même temps. Quel paradoxe.
Une femme seule et sans enfant. A mon âge, on commence a me catégoriser. (j'en ferai un post plus tard )
Nous sommes nombreux ainsi. La quête absolue du bonheur amoureux et de la liberté totale de revendiquer a être soit même.
J'ai enchainé quelques amants l'hiver dernier. Cela m'a donné confiance en moi. Réalisé a quel point je n'avais pas d'expérience, peu de connaissance de mon propre désir.
Incapable de dire ce que j'aimais vraiment, ce qui me procurait du plaisir.Je cherchais a me comprendre.
Puis j'ai opté pour l'option Sex Friend. Ça s'est un peu fait tout seul. Un feeling exclusivement sexuel mais complétement addictif.
La première fois de ma vie que je me lâche réellement. Que j'ose être décomplexée. Que je décide.
Qu'un homme me désire a ce point là, soit accro a mon corps ne me semble plus péjoratif. J'ai un contrôle totale sur ma sexualité. Je décide quand on se voient, je pause mes barrières, il les respecte, même si j'en ai peu avec lui. Je n'ai pas peur de son jugement car je ne l'aime pas. Avec lui, j'oublie mes complexes et mes devoirs, je ne fais jamais semblant. Je ne me force jamais. Je ne simule pas pour "abreger" je ne simule pas "pour lui faire plaisir". Je ne me souviens pas avoir été si libre en faisant l'amour.
Combien sommes nous a en rajouter ? Pour se débarrasser ? A céder aux avances de notre conjoint pour éviter le conflit ? Ou pour lui faire plaisir ? J'avais banalisé ça. J'ai utilisé le sexe comme un moyen "qu'on me fiche la paix" ou même plus pernicieusement de contrôler mon partenaire.
Enfin décomplexée, j'assume une relation qui ne mènera jamais nulle part mais qui m'apporte bien plus que certaines de mes relations "amoureuses"
Et je deviens femme enfin..........
C'est tellement réducteur, cette misogynie presque encrée dans les mœurs qui laisse entendre que les femmes seraient des romantiques, en quête du grand amour et qu'elles peuvent piailler des heures sur le sujet, une manucure séchant sur leurs petites mains en mal du mâle. C'est bien connu tout est une putain de question de genre.
Qu'une femme qui ne serait pas dans une relation autre que baigné d'amour, ne serait pas une femme respectable. (pas de sexe libre pour une "vraie femme")
J'ai donc toujours été respectable, mais pas forcement respectée, allez comprendre !
J'avais des convictions sur l'amour. Je n'ai jamais imaginé ma vie sans amour, sans cette union presque sacrée entre deux êtres qui sont fait pour être ensemble et qui s'accordent autant moralement que physiquement. J'ai toujours été convaincu, persuadée que je vivrais une grande histoire, ma vie durant, sans ciller, jamais. Je voulais et je veux toujours, sans trop y croire, cet absolu, cette compréhension totale dans le silence, cette acceptation totale de l'être, dans le plus parfait dévouement. Un accord tacite entre deux êtres pour le meilleur et le pire, sans réfléchir.
Probablement un autre cliché encré dans le subconscient sur comment doit être le véritable amour.
Alors quand a 18 ans j'ai découvert la puissance de l'amour, de celui torturé et nocif qui rend malade, détruit et achève en son final, qui s’arrête un beau jour car le choix était mauvais, il m'a fallu retrouver des repères. Broyée par la propre force de mes convictions.
J'ai découvert l'amour physique, moi qui semblait traumatisée et qui n'avait jamais été porté sur la chose avant lui. Pour lui je me consumais. Il m'a tout appris, avec grâce dans la force des sentiments. Peu de sensualité, peu conscience de ce que je faisais, plutôt comme une chose instinctive. Parfois je le faisais pour lui faire plaisir, sans envie, juste pour rester "parfaite". J'acceptais sans trop savoir ce que je faisais.
J'avais tant manqué de repaires dans mon enfance. La vision que j'avais de l'amour ne pouvait être que faussée. Il était vitale pour moi de ne pas échouer.
J'ai perdu.
En fait j'ai toujours été perdu.
AMOUR
Je n'ai même plus de définition pour ce sentiment et ce mot. J'ai la sensation que tout n'a été qu'illusion chimique.
J'avais toujours cru que mon bonheur passait par l'autre, comme pour ne pas me sentir responsable de mon propre vide intérieur, de pas être décideuse de mes bonheurs, me perdre dans l'être aimé, comme une vie par procuration, tout cela avait une raison, obscure, de petite fille romantique, trop prude pour mon âge, trop sur de mes choix futurs, dans une forme de soumission et de dévotion absurde, en opposition totale avec ma soif de liberté et mon besoin d'indépendance.
A 23 ans j'ai vécu un autre amour. Celui de la raison, de la dévotion.
6 ans d'une vie douce et logique, en paix avec moi même. Comment expliquer ce sentiment de bien être, comme si tout allait pour toujours rester ainsi ? Que rien ne nous séparerait.
Il était et reste mon phare dans la nuit, mon repère de raison dans un monde qui me semble parfois si sombre que je souhaiterai dormir une éternité.
Mais l'amour revêt différents manteaux. Et cet amour là a prit le chemin de la fraternité et de l'amitié.Vivre dans sa vie une amitié aussi belle et aussi forte depuis plus de 15 ans vaut largement la palme sur l’échelle des sentiments.
La passion m'a manqué, le sexe, le désir, l'animalité.
Durant des années, malgré une faiblesse de ce coté là j'étais comblée. Mais avec le temps, s'est devenu lourd, quelque chose s'est réveillé en moi. Plus je devenais femme et plus j'avais des besoins physiques. Besoin d'être désirée. Besoin d'un épanouissement de ce coté là.
A 28 ans, sans m'y attendre j'ai vécu le coup de foudre. Ravageur. Tombée amoureuse d'un psychopathe, menteur et névrosé n'est pas une bonne idée ! Mais quelle découverte ! Je suis devenue une autre femme avec lui, a travers le désir qu'il me portait et j'ai renoué avec ma sensualité endormie.
18 mois après ma séparation avec ce monstre, je pense encore à lui et je souffre. La blessure se referme. Bientôt je n'y penserai plus du tout. La rage fera place a l'ignorance, la déception sera une force.
A l'heure où je met en ligne ce post, la blessure est est cicatrice a peine visible.
Mais depuis, mon cœur est vide. Il y a comme un trou à l’intérieur.
J'ai essayé, quelques aventures. Je n'ai su qu'être fausse et cynique.
J'ai seulement 30 ans.
Une nouvelle partie de ma vie commence, je ne veux pas devenir cynique. Comme ces trentenaires, dynamiques et beaux que l'on voient dans des reportages TV de mauvaise qualité, qui sont seuls, rêvent de construire un foyer sans trop savoir si c'est parce qu'on leur a bourrés le moue avec des conventions sociales ou si ils le font parce qu'ils pensent que leur bonheur ne peut passer que par ça. Je refuse de passer ma vie a flirter, sans jamais trouver celui qui me fera vibrer, avec qui je serai libre et heureuse.
Et si l'amour aussi nous était imposé comme un accès obligatoire au bonheur ?
En réfléchissant bien je n'ai jamais été aussi moi même depuis que je suis célibataire.
Libre. Sans contrainte. Je suis moi même a 100%, je ne cache plus les défauts. Je ne me suis jamais sentie aussi seule et aussi vivante en même temps. Quel paradoxe.
Une femme seule et sans enfant. A mon âge, on commence a me catégoriser. (j'en ferai un post plus tard )
Nous sommes nombreux ainsi. La quête absolue du bonheur amoureux et de la liberté totale de revendiquer a être soit même.
J'ai enchainé quelques amants l'hiver dernier. Cela m'a donné confiance en moi. Réalisé a quel point je n'avais pas d'expérience, peu de connaissance de mon propre désir.
Incapable de dire ce que j'aimais vraiment, ce qui me procurait du plaisir.Je cherchais a me comprendre.
Puis j'ai opté pour l'option Sex Friend. Ça s'est un peu fait tout seul. Un feeling exclusivement sexuel mais complétement addictif.
La première fois de ma vie que je me lâche réellement. Que j'ose être décomplexée. Que je décide.
Qu'un homme me désire a ce point là, soit accro a mon corps ne me semble plus péjoratif. J'ai un contrôle totale sur ma sexualité. Je décide quand on se voient, je pause mes barrières, il les respecte, même si j'en ai peu avec lui. Je n'ai pas peur de son jugement car je ne l'aime pas. Avec lui, j'oublie mes complexes et mes devoirs, je ne fais jamais semblant. Je ne me force jamais. Je ne simule pas pour "abreger" je ne simule pas "pour lui faire plaisir". Je ne me souviens pas avoir été si libre en faisant l'amour.
Combien sommes nous a en rajouter ? Pour se débarrasser ? A céder aux avances de notre conjoint pour éviter le conflit ? Ou pour lui faire plaisir ? J'avais banalisé ça. J'ai utilisé le sexe comme un moyen "qu'on me fiche la paix" ou même plus pernicieusement de contrôler mon partenaire.
Enfin décomplexée, j'assume une relation qui ne mènera jamais nulle part mais qui m'apporte bien plus que certaines de mes relations "amoureuses"
Et je deviens femme enfin..........
samedi 22 mars 2014
Culpabilité et Hésitation
Quel long cheminement avant de me décider, sous couvert d'anonymat, de parler de mon expérience ! Je comprends enfin, et ce, à plus de 30 ans, que chaque femme a son vécu personnel sur le sujet ; que chaque femme fait face, un jour où l'autre, à une violence imposée, à un sexisme pernicieux, à une soumission imposée, presque naturelle qu'on nous inculque dès le plus jeune âge, presque génétiquement tant il est ancestral.
Je me suis longtemps sentie seule face à ça, et pire encore, dans une forme d'acceptation quasi totale. Comme si l'ordre naturelle des choses était d'être dominée par les hommes.
"Après tout.... ça a toujours été ainsi ! "
Après une rupture douloureuse, suite à une relation conflictuelle avec un homme extrêmement machiste, je me suis réveillée d'une hibernation révélée fragile, et que j'avais finalement choisi pour ne rien affronter. J'avais choisi de baisser les bras.
Réflexion ///
J'ignore a quel moment la petite fille commence à culpabiliser. A quel moment il semble naturel de se soumettre. D'avoir un comportement de "fille".
Je me rappelle de grandes tristesses lorsque j'étais enfant. J'aurai voulu être un garçon. J'avais déjà bien compris la notion de liberté. Moi je devais être "sage" "mignonne" "raffinée" et surtout "souriante". Une fille ne joue pas au foot, ne se bats pas dans la cours de récré, ne se roule pas par terre pour jouer, ne salie pas ses habits et doit être sage en classe. Les garçons de l'école ? eux...c'était des "garçons", ils pouvaient se permettre...
Quel âge avais-je donc ? 6 ans ?
Je précise, que dans tout ce monde où je ne me sentais pas à ma place, j'ai eu la chance d'avoir une mère admirable et ouverte d'esprit qui n'a jamais mis un frein a aucun de mes comportements. Elle aimait ma liberté et me laissait être MOI sans notion de genre. A défaut de sa liberté à elle, qu'elle avait perdue en épousant mon père.
Je me rappelle de ce sentiment de dégout quand on m'a imposé des humiliations que je ne comprenais pas, comme les main aux fesses (un grand classique !) le soulèvement de la jupe, les baisers volés. (Plus tard viendront les insultes, les agressions verbales communes, ou pire le viol ...)
Je ne voyais jamais de filles imposer ce genre de choses aux garçons ! Je prenais conscience que la force faisait tout. Je réalisais cet écart qu'il existe entre l'univers des filles qui vivent dans une sorte de peur instinctive. L'homme semblait un prédateur. J'ai refusé de voir les choses ainsi et j'ai banalisé les violences. VIOLENCES oui. Car même se faire traiter de "sale pute" est une agression.
J'entendais les histoires de mon père, dictateur absolu de la famille, raconter qu'il était "le fils". Que sa mère, ses sœurs, lui devaient une totale dévotion, et avaient toujours été à son service. Il n'existait pas l'ombre d'un doute dans sa façon de penser. Une femme se devait de servir un homme. Il n'y avait pas de remise en question de son éducation. Il aimait ça. Pour lui c'était ainsi. De ce fait, ma mère le servait. Dans la soumission morale la plus destructrice.
Docile mais insoumise, j'ai grandi en entendant des reproches sur mon comportement.
Comme disait mon prof d'anglais "je ne peux rien lui reprocher, mais je vois sa désapprobation dans son regard, cette insolence insupportable"
Voilà. Pas assez soumise. Mais déjà vérolée de clichés sexistes.
Une femme, dans mon subconscient était un être fragile et soumis.
L'homme ? Un être violent, imposant sa volonté comme un roi. Un schéma stéréotypé et dangereux.
Tout a enchainé. Sans que je m'en aperçoive.
Avec le temps, les rencontres, au grès de discutions, de comportements, mise au pied du mur, face a ma propre acceptation de comportements pourtant intolérables, j'ai cessé de dédramatiser, cesser de me dire que tout ce que j'avais vécu ou vivais était une normalité.
Il était temps d'être moi. Un moi libre. Quelle belle époque dans laquelle nous vivons ! Felicitons nous d'avoir encore tant de choses a changer...pour le meilleur !
Le viol et la honte.
Voilà, ça commence simplement.
Quand j'ai eu 15 ans on m'a violé.
Il m'a fallu 15 autres années pour oser employer le mort VIOL.
Le viol ça arrivait aux autres, pas à moi. Le viol c'était brutal, on hurlait forcement, on en réchappait ensanglantée, la gueule amochée et tout ça était le pire traumatisme du monde.
Mais en fait ça ne s'est pas passé ainsi.
C'était un 31 décembre. Depuis je n'ai plus jamais voulu fêter la st sylvestre.
Ma meilleure amie m'a proposé une soirée avec ses amis, dans un bled.
Pour restituer le contexte de l'époque...
Je ne sortais jamais. Je n'allais même pas à l'école, étant atteinte d'une maladie qui m'invalidait beaucoup, j'avais une scolarité par correspondance depuis 1 an. Ma mère toujours très angoissée pour moi, me laissait peu de liberté. Mon père ne tolérait pas que je quitte la maison. Or ce soir là, ils ont fait une exception parce que j'étais avec cette amie. Le milieu familial était lourd à l'époque. Mon père buvait beaucoup, l'ambiance était cauchemardesque à la maison. J'étais une jeune fille sage, perdue, frustrée.
Ce soir là, j'ai détesté l'ambiance et les mecs présents à la soirée. Je n'avais jamais bu.
J'ai bu.
Comme un trou.
On m'y a aidé, évidemment, c'est toujours si festif d'alcooliser quelqu'un !
J'ai tellement bu vite que j'ai tout aussi vite perdu le sens des réalités. Je me souviens pourtant de bien des choses, et du nombre de fois où j'ai vomi. De ma grande tristesse, que l'alcool faisait remonter.
Trop éméchée, je me suis laissé soutenir, par un garçon qui m'emmenait à l'étage, sans que je comprenne trop. Mon amie est intervenue, là repoussé, et m'a mise au lit. Elle m'y a laissé en me disant de faire attention a ce garçon en particulier, qu'elle avait pourtant mis en garde.
Faire attention ? Comment fait on attention quand on est seule, à l'étage d'une grande maison, où la fête bat son plein, dans le tumulte de la musique et des voix, ivre.
Je me souviens avoir dormi. Et de m'être réveillée en sentant quelqu'un enlever mon jeans.
Je n'ai pas compris tout de suite. J'étais vierge, aucun homme ne m'avait touché. Je n'étais même pas intéressée par ce genre de choses.
Quand j'ai senti qu'il se passait quelque chose que mon instinct refusait je me suis débattu, violemment, je l'ai frappé, giflé, griffé. Il m'a retourné mes claques et m'a bloqué. Tout était rapide, confus, flou.
Je me rappelle de sa voix extasiée, de son souffle. De la musique et des voix en bas. Et de lui, sa silhouette se détachant dans la seule lumière bleue d'un radio réveil, qui prenait son pied sur moi, violemment.
J'ai perdu connaissance.
Suivi d'une prise de conscience atroce. J'étais mouillée. Mon bas ventre était poisseux.
Il a fallut que je m'essuie, sans trop y penser. Couverte d'un sperme qui m'a donné la nausée, sans réellement savoir ce que c'était sur le coup. Je suis restée prostrée, puis j'ai à nouveau sombré, persuadée de faire un cauchemar.
En m’éveillant quelques minutes après, j'ai senti une odeur affreuse, tout près de mon visage, et son sexe qu'il essayait de mettre dans ma bouche, une odeur impropre, sale.
Et l'alcool a semblé se dissiper d'un coup.
J'ai paniqué. Tellement paniqué que j'ai failli vomir.
Je l'ai a nouveau repoussé, sans conviction cette fois, pensant qu'il y avait une trentaine de personne juste au dessous de moi, qui avaient du l'entendre jouir, a qui je ne pouvais et ne voulais pas expliquer ce qui venait de se passer. Et le lendemain ? Comment affronter mes parents ? Je me sentais coupable, au plus profond de mes tripes, une culpabilité qui n'a pas de nom. Incapable d'assumer d'être une victime. Pire encore la peur de décevoir. Peur de ne pas m'être assez défendue, de le mériter, d’être une mauvaise fille, de faire de la peine à ma mère, de m'en prendre une par mon père, de perdre mes amis, ma crédibilité, d’être à jamais "la fille violée". Pas question !
Et pendant que je pensais à ça, je le sentais en moi, comme un fantôme, comme le spectre du dégout ultime. Quand il finit, il partit. Et je ne le revis jamais. C'est plus tard que je découvris son visage. et son prénom.
Adieu virginité. Toi que je réservais pour l'homme dont je tomberai amoureuse.
Je suis restée dans la chambre, sale et honteuse. J'ai éclairée la lumière. N'ai pas osé aller jusqu'à la salle de bain me laver, alors que j'aurai voulu m'arracher la peau. Je suis restée à pleurer, seule. Puis un chien est venue gratter à ma porte, le chien de la maison. Une belle golden retriever sable contre qui je me suis appuyée longuement. Cette présence m'a calmé et j'ai réussi à retrouver mes esprits. Je venais de prendre la décision de ne jamais parler de cette histoire à personne. Jamais. J'étais ivre mais je réfléchissais.
Quelques heures plus tard, deux garçons sont entrés dans la chambre sans frapper, très motivés, agités. Éméchés.
Quand ils m'ont vu réveillé et le regard braqué sur eux, assise par terre contre ce grand chien, ils sont restés indécis. J'ai eu peur, réellement.
L'humiliation a été atroce quand ils m'ont dit être monté vérifier que leur pote avait bien "baisé une meuf". Apparemment, l'autre se vantait à tout le monde de sa "performance". Le comble du mauvais gout a été d'apprendre qu'il disait que je m'étais débattue pour finalement céder, que "j'avais aimé ça". Atroce. Comment décrire a quel point on se sent la pire des merdes ? Comme si on avait toujours été qu'une merde, et qu'on me traitait ainsi parce que je ne valais rien. Après tout n’était ce pas ce que me disais mon père ?
Je n'ai rien dit et j'ai serré le chien contre moi.
Ils m'ont tourné autour une dizaine de minutes, me demandant si "j'avais aimé" si "j'en voulais encore" mais plus comme un jeux. En partant, un de deux a dit "dommage qu'elle ne dorme pas, je me la serai bien faite" Plus aucune estime pour moi même, a ce moment précis.
Le lendemain, avec la pire gueule de bois de ma vie, je suis descendue en silence, espérant ne croiser personne. J'ai appelé ma mère, essayant de cacher mon pitoyable état, lui demandant de venir me chercher vite, que je ne me sentais pas bien, me servant de mon état de santé faible.
Ma meilleure amie est venue me parler, me demander si c'était bien "hier soir" avec un air entendu. Je voulais lui dire, hurler la vérité...Mais quelque chose m'en a empêché.
Et là je suis devenue perverse. J'ai joué le jeu, suis devenue complice de mon propre viol. J'ai fait semblant. J'ai dit que j’étais trop bourrée, que je ne me souvenais pas trop mais que c’était cool, j'ai juré que "c’était cool" car je n’étais de toute manière plus vierge depuis quelques temps déjà...que ce mec là et moi on allaient peut être se revoir....
Tout un tas de mythos que j'ai débité avec mon air calme et mon sourire habituel.
J'ai joué cette comédie avec mes parents, malgré un état cotonneux autant du à la gueule de bois qu'a mon dégoût.
J'ai pris le plus long bain de ma vie en rentrant et j'ai dormi 24 heures.
Puis j'ai rangé ça dans un coin de ma tête. J'ai l'habitude de faire ça. La survie. J'en ai vécu d'autres des choses traumatisantes !
Quand j'ai rencontré mon 1er grand amour j'avais 18ans. J'ai fait l'amour avec lui et pour moi c'était ça ma réelle première fois. Je ne lui ai jamais parlé de cet épisode. Je n'ai pas eu de souci avec lui, je l'aimais et je n'ai pas fait d'amalgames entre la sexualité avec lui et ce que j'avais vécu.
Quelques années plus tard, avec mon conjoint de l’époque, j'ai évoqué cet événement.
Il est sorti de cette manière "j'avais bu...et un garçon m'a rejoins sans me demander mon avis. Je ne me souviens presque plus"
Lui m'a sorti : "mais ça, c'est presque comme un viol !"
Mais je ne l'ai pas laissé finir sa phrase. Avec le recul je m’aperçois a quel point il a été maladroit de me mettre violemment face à ça, même si ce n'était pas volontaire. Et d'ajouter "presque un..." dans la même phrase. Existe t il des "presque viols" ?
Et je n'assumais toujours pas.
Puis j'ai rencontré une jeune femme, une belle âme brisée. Un jour on s'est retrouvées toutes les deux, seule dans un parc, et elle m'a raconté sa terrible expérience de viol collectif. C'était atroce et effrayant, tellement dur que ma propre expérience me semblait douce à comparer. Et ce fut la première fois que j'osais mettre le bon mot.
NON je n'étais pas du tout consentante, OUI je m'étais débattu, OUI il m'avait violé.
Mais, malgré tout, je n'ai cessé de faire cet amalgame "si je n'avais pas bu, il n'aurait pas....." Mais qu'en sais je ? Qu'aurais je fait de plus si j'avais été clean ? Aucune chance de me débattre vu mon gabarit. J'aurai juste eu, plus encore conscience, dans le moindre détail, de ce qui m'arrivait. Voilà ce que je me dis aujourd'hui.
De ce jour, j'y ai beaucoup pensé et ce fut le début de l'acceptation, un travail qui a mit presque 5 ans, jusqu’à la déculpabilisation totale.
Jusqu’à il y a 2 ans avec l'homme dont je suis tombée très amoureuse.
Un prince charmant révélé sexiste, violent, frustré et manipulateur.
Un homme qui s’était montré sous son meilleur jour au début et en qui j'avais une confiance absolue (ha ! la passion et ses déraisons ! ) Après de longs mois de relation passionnée, je lui ai confié cet épisode de ma vie. Il a semblé ému, m'a encouragé. Mais quelques mois plus tard, le ton a changé et lors d'une de ses nombreuses crises d'hystérie, il m'a balancé dans les dents, en parlant d'une "hypothétique fille" que si celle ci était ivre, elle méritait qu'il lui arrive du mal, que c'était de sa faute, qu'il ne fallait pas venir pleurer quand on ne faisait pas attention, un peu comme quand on met une jupe courte ou qu'on se fait belle et qu'après on pleure parce qu'un homme vient nous emmerder.
Et voilà on y était. C'est de la faute des femmes.
Le plus pervers fut sa façon d'aborder le thème, sans m'incriminer réellement, en se servant d'une confession que je lui avais faite qu'il savait forte pour moi et surtout sa façon d'insister
"Non ? tu n'es pas d'accord ? Dis le que c'est de sa faute ! elle picole, elle fait sa pute et après ça vient chialer, le pauvre mec c'est une tentation ! T'es pas d'accord ? Dis le que tu es d'accord..."
"Les hommes sont des loups ! Protégez vous d'eux ! Si vous êtes victimes vous en êtes les coupables" J'ai peine à croire que certains hommes, (et certaines femmes) puissent réellement penser cela. (nb : il pensait aussi que dans certains cas, une femme méritait d'être battue, parfois seule la violence résout le problème.....sans commentaire )
Alors voilà. L’électro choc qui m'a sorti de ma torpeur.
Comment avais je pu en arriver a vérifier la taille de ma jupe ? A ne pas sortir trop apprêtée si je n'étais pas accompagnée ? A mettre mon casque sur les oreilles pour ne pas être accostée ? A tolérer ? Accepter ?
Je n'ai plus honte de le dire. Enfin....
Osez en parler, même si comme moi, vous le faites encore cachée derrière un écran d'ordinateur. Témoigner est déjà un geste.
Quand j'ai eu 15 ans on m'a violé.
Il m'a fallu 15 autres années pour oser employer le mort VIOL.
Le viol ça arrivait aux autres, pas à moi. Le viol c'était brutal, on hurlait forcement, on en réchappait ensanglantée, la gueule amochée et tout ça était le pire traumatisme du monde.
Mais en fait ça ne s'est pas passé ainsi.
C'était un 31 décembre. Depuis je n'ai plus jamais voulu fêter la st sylvestre.
Ma meilleure amie m'a proposé une soirée avec ses amis, dans un bled.
Pour restituer le contexte de l'époque...
Je ne sortais jamais. Je n'allais même pas à l'école, étant atteinte d'une maladie qui m'invalidait beaucoup, j'avais une scolarité par correspondance depuis 1 an. Ma mère toujours très angoissée pour moi, me laissait peu de liberté. Mon père ne tolérait pas que je quitte la maison. Or ce soir là, ils ont fait une exception parce que j'étais avec cette amie. Le milieu familial était lourd à l'époque. Mon père buvait beaucoup, l'ambiance était cauchemardesque à la maison. J'étais une jeune fille sage, perdue, frustrée.
Ce soir là, j'ai détesté l'ambiance et les mecs présents à la soirée. Je n'avais jamais bu.
J'ai bu.
Comme un trou.
On m'y a aidé, évidemment, c'est toujours si festif d'alcooliser quelqu'un !
J'ai tellement bu vite que j'ai tout aussi vite perdu le sens des réalités. Je me souviens pourtant de bien des choses, et du nombre de fois où j'ai vomi. De ma grande tristesse, que l'alcool faisait remonter.
Trop éméchée, je me suis laissé soutenir, par un garçon qui m'emmenait à l'étage, sans que je comprenne trop. Mon amie est intervenue, là repoussé, et m'a mise au lit. Elle m'y a laissé en me disant de faire attention a ce garçon en particulier, qu'elle avait pourtant mis en garde.
Faire attention ? Comment fait on attention quand on est seule, à l'étage d'une grande maison, où la fête bat son plein, dans le tumulte de la musique et des voix, ivre.
Je me souviens avoir dormi. Et de m'être réveillée en sentant quelqu'un enlever mon jeans.
Je n'ai pas compris tout de suite. J'étais vierge, aucun homme ne m'avait touché. Je n'étais même pas intéressée par ce genre de choses.
Quand j'ai senti qu'il se passait quelque chose que mon instinct refusait je me suis débattu, violemment, je l'ai frappé, giflé, griffé. Il m'a retourné mes claques et m'a bloqué. Tout était rapide, confus, flou.
Je me rappelle de sa voix extasiée, de son souffle. De la musique et des voix en bas. Et de lui, sa silhouette se détachant dans la seule lumière bleue d'un radio réveil, qui prenait son pied sur moi, violemment.
J'ai perdu connaissance.
Suivi d'une prise de conscience atroce. J'étais mouillée. Mon bas ventre était poisseux.
Il a fallut que je m'essuie, sans trop y penser. Couverte d'un sperme qui m'a donné la nausée, sans réellement savoir ce que c'était sur le coup. Je suis restée prostrée, puis j'ai à nouveau sombré, persuadée de faire un cauchemar.
En m’éveillant quelques minutes après, j'ai senti une odeur affreuse, tout près de mon visage, et son sexe qu'il essayait de mettre dans ma bouche, une odeur impropre, sale.
Et l'alcool a semblé se dissiper d'un coup.
J'ai paniqué. Tellement paniqué que j'ai failli vomir.
Je l'ai a nouveau repoussé, sans conviction cette fois, pensant qu'il y avait une trentaine de personne juste au dessous de moi, qui avaient du l'entendre jouir, a qui je ne pouvais et ne voulais pas expliquer ce qui venait de se passer. Et le lendemain ? Comment affronter mes parents ? Je me sentais coupable, au plus profond de mes tripes, une culpabilité qui n'a pas de nom. Incapable d'assumer d'être une victime. Pire encore la peur de décevoir. Peur de ne pas m'être assez défendue, de le mériter, d’être une mauvaise fille, de faire de la peine à ma mère, de m'en prendre une par mon père, de perdre mes amis, ma crédibilité, d’être à jamais "la fille violée". Pas question !
Et pendant que je pensais à ça, je le sentais en moi, comme un fantôme, comme le spectre du dégout ultime. Quand il finit, il partit. Et je ne le revis jamais. C'est plus tard que je découvris son visage. et son prénom.
Adieu virginité. Toi que je réservais pour l'homme dont je tomberai amoureuse.
Je suis restée dans la chambre, sale et honteuse. J'ai éclairée la lumière. N'ai pas osé aller jusqu'à la salle de bain me laver, alors que j'aurai voulu m'arracher la peau. Je suis restée à pleurer, seule. Puis un chien est venue gratter à ma porte, le chien de la maison. Une belle golden retriever sable contre qui je me suis appuyée longuement. Cette présence m'a calmé et j'ai réussi à retrouver mes esprits. Je venais de prendre la décision de ne jamais parler de cette histoire à personne. Jamais. J'étais ivre mais je réfléchissais.
Quelques heures plus tard, deux garçons sont entrés dans la chambre sans frapper, très motivés, agités. Éméchés.
Quand ils m'ont vu réveillé et le regard braqué sur eux, assise par terre contre ce grand chien, ils sont restés indécis. J'ai eu peur, réellement.
L'humiliation a été atroce quand ils m'ont dit être monté vérifier que leur pote avait bien "baisé une meuf". Apparemment, l'autre se vantait à tout le monde de sa "performance". Le comble du mauvais gout a été d'apprendre qu'il disait que je m'étais débattue pour finalement céder, que "j'avais aimé ça". Atroce. Comment décrire a quel point on se sent la pire des merdes ? Comme si on avait toujours été qu'une merde, et qu'on me traitait ainsi parce que je ne valais rien. Après tout n’était ce pas ce que me disais mon père ?
Je n'ai rien dit et j'ai serré le chien contre moi.
Ils m'ont tourné autour une dizaine de minutes, me demandant si "j'avais aimé" si "j'en voulais encore" mais plus comme un jeux. En partant, un de deux a dit "dommage qu'elle ne dorme pas, je me la serai bien faite" Plus aucune estime pour moi même, a ce moment précis.
Le lendemain, avec la pire gueule de bois de ma vie, je suis descendue en silence, espérant ne croiser personne. J'ai appelé ma mère, essayant de cacher mon pitoyable état, lui demandant de venir me chercher vite, que je ne me sentais pas bien, me servant de mon état de santé faible.
Ma meilleure amie est venue me parler, me demander si c'était bien "hier soir" avec un air entendu. Je voulais lui dire, hurler la vérité...Mais quelque chose m'en a empêché.
Et là je suis devenue perverse. J'ai joué le jeu, suis devenue complice de mon propre viol. J'ai fait semblant. J'ai dit que j’étais trop bourrée, que je ne me souvenais pas trop mais que c’était cool, j'ai juré que "c’était cool" car je n’étais de toute manière plus vierge depuis quelques temps déjà...que ce mec là et moi on allaient peut être se revoir....
Tout un tas de mythos que j'ai débité avec mon air calme et mon sourire habituel.
J'ai joué cette comédie avec mes parents, malgré un état cotonneux autant du à la gueule de bois qu'a mon dégoût.
J'ai pris le plus long bain de ma vie en rentrant et j'ai dormi 24 heures.
Puis j'ai rangé ça dans un coin de ma tête. J'ai l'habitude de faire ça. La survie. J'en ai vécu d'autres des choses traumatisantes !
Quand j'ai rencontré mon 1er grand amour j'avais 18ans. J'ai fait l'amour avec lui et pour moi c'était ça ma réelle première fois. Je ne lui ai jamais parlé de cet épisode. Je n'ai pas eu de souci avec lui, je l'aimais et je n'ai pas fait d'amalgames entre la sexualité avec lui et ce que j'avais vécu.
Quelques années plus tard, avec mon conjoint de l’époque, j'ai évoqué cet événement.
Il est sorti de cette manière "j'avais bu...et un garçon m'a rejoins sans me demander mon avis. Je ne me souviens presque plus"
Lui m'a sorti : "mais ça, c'est presque comme un viol !"
Mais je ne l'ai pas laissé finir sa phrase. Avec le recul je m’aperçois a quel point il a été maladroit de me mettre violemment face à ça, même si ce n'était pas volontaire. Et d'ajouter "presque un..." dans la même phrase. Existe t il des "presque viols" ?
Et je n'assumais toujours pas.
Puis j'ai rencontré une jeune femme, une belle âme brisée. Un jour on s'est retrouvées toutes les deux, seule dans un parc, et elle m'a raconté sa terrible expérience de viol collectif. C'était atroce et effrayant, tellement dur que ma propre expérience me semblait douce à comparer. Et ce fut la première fois que j'osais mettre le bon mot.
NON je n'étais pas du tout consentante, OUI je m'étais débattu, OUI il m'avait violé.
Mais, malgré tout, je n'ai cessé de faire cet amalgame "si je n'avais pas bu, il n'aurait pas....." Mais qu'en sais je ? Qu'aurais je fait de plus si j'avais été clean ? Aucune chance de me débattre vu mon gabarit. J'aurai juste eu, plus encore conscience, dans le moindre détail, de ce qui m'arrivait. Voilà ce que je me dis aujourd'hui.
De ce jour, j'y ai beaucoup pensé et ce fut le début de l'acceptation, un travail qui a mit presque 5 ans, jusqu’à la déculpabilisation totale.
Jusqu’à il y a 2 ans avec l'homme dont je suis tombée très amoureuse.
Un prince charmant révélé sexiste, violent, frustré et manipulateur.
Un homme qui s’était montré sous son meilleur jour au début et en qui j'avais une confiance absolue (ha ! la passion et ses déraisons ! ) Après de longs mois de relation passionnée, je lui ai confié cet épisode de ma vie. Il a semblé ému, m'a encouragé. Mais quelques mois plus tard, le ton a changé et lors d'une de ses nombreuses crises d'hystérie, il m'a balancé dans les dents, en parlant d'une "hypothétique fille" que si celle ci était ivre, elle méritait qu'il lui arrive du mal, que c'était de sa faute, qu'il ne fallait pas venir pleurer quand on ne faisait pas attention, un peu comme quand on met une jupe courte ou qu'on se fait belle et qu'après on pleure parce qu'un homme vient nous emmerder.
Et voilà on y était. C'est de la faute des femmes.
Le plus pervers fut sa façon d'aborder le thème, sans m'incriminer réellement, en se servant d'une confession que je lui avais faite qu'il savait forte pour moi et surtout sa façon d'insister
"Non ? tu n'es pas d'accord ? Dis le que c'est de sa faute ! elle picole, elle fait sa pute et après ça vient chialer, le pauvre mec c'est une tentation ! T'es pas d'accord ? Dis le que tu es d'accord..."
"Les hommes sont des loups ! Protégez vous d'eux ! Si vous êtes victimes vous en êtes les coupables" J'ai peine à croire que certains hommes, (et certaines femmes) puissent réellement penser cela. (nb : il pensait aussi que dans certains cas, une femme méritait d'être battue, parfois seule la violence résout le problème.....sans commentaire )
Alors voilà. L’électro choc qui m'a sorti de ma torpeur.
Comment avais je pu en arriver a vérifier la taille de ma jupe ? A ne pas sortir trop apprêtée si je n'étais pas accompagnée ? A mettre mon casque sur les oreilles pour ne pas être accostée ? A tolérer ? Accepter ?
Je n'ai plus honte de le dire. Enfin....
Osez en parler, même si comme moi, vous le faites encore cachée derrière un écran d'ordinateur. Témoigner est déjà un geste.
Inscription à :
Articles (Atom)