dimanche 23 mars 2014

Liberté sexuelle mais par étape.

Blablabla.
C'est tellement réducteur, cette misogynie presque encrée dans les mœurs qui laisse entendre que les femmes seraient des romantiques, en quête du grand amour et qu'elles peuvent piailler des heures sur le sujet, une manucure séchant sur leurs petites mains en mal du mâle. C'est bien connu tout est une putain de question de genre.
Qu'une femme qui ne serait pas dans une relation autre que baigné d'amour, ne serait pas une femme respectable. (pas de sexe libre pour une "vraie femme")
J'ai donc toujours été respectable, mais pas forcement respectée, allez comprendre !
J'avais des convictions sur l'amour. Je n'ai jamais imaginé ma vie sans amour, sans cette union presque sacrée entre deux êtres qui sont fait pour être ensemble et qui s'accordent autant moralement que physiquement. J'ai toujours été convaincu, persuadée que je vivrais une grande histoire, ma vie durant, sans ciller, jamais. Je voulais et je veux toujours, sans trop y croire, cet absolu, cette compréhension totale dans le silence, cette acceptation totale de l'être, dans le plus parfait dévouement. Un accord tacite entre deux êtres pour le meilleur et le pire, sans réfléchir.
Probablement un autre cliché encré dans le subconscient sur comment doit être le véritable amour.

Alors quand a 18 ans j'ai découvert la puissance de l'amour, de celui torturé et nocif qui rend malade, détruit et achève en son final, qui s’arrête un beau jour car le choix était mauvais, il m'a fallu retrouver des repères. Broyée par la propre force de mes convictions.
J'ai découvert l'amour physique, moi qui semblait traumatisée et qui n'avait jamais été porté sur la chose avant lui. Pour lui je me consumais. Il m'a tout appris, avec grâce dans la force des sentiments. Peu de sensualité, peu conscience de ce que je faisais, plutôt comme une chose instinctive. Parfois je le faisais pour lui faire plaisir, sans envie, juste pour rester "parfaite". J'acceptais sans trop savoir ce que je faisais.
J'avais tant manqué de repaires dans mon enfance. La vision que j'avais de l'amour ne pouvait être que faussée. Il était vitale pour moi de ne pas échouer.
J'ai perdu.
En fait j'ai toujours été perdu.

AMOUR

Je n'ai même plus de définition pour ce sentiment et ce mot. J'ai la sensation que tout n'a été qu'illusion chimique.
J'avais toujours cru que mon bonheur passait par l'autre, comme pour ne pas me sentir responsable de mon propre vide intérieur, de pas être décideuse de mes bonheurs, me perdre dans l'être aimé, comme une vie par procuration, tout cela avait une raison, obscure, de petite fille romantique, trop prude pour mon âge, trop sur de mes choix futurs, dans une forme de soumission et de dévotion absurde, en opposition totale avec ma soif de liberté et mon besoin d'indépendance.

A 23 ans j'ai vécu un autre amour. Celui de la raison, de la dévotion.
6 ans d'une vie douce et logique, en paix avec moi même. Comment expliquer ce sentiment de bien être, comme si tout allait pour toujours rester ainsi ? Que rien ne nous séparerait.
Il était et reste mon phare dans la nuit, mon repère de raison dans un monde qui me semble parfois si sombre que je souhaiterai dormir une éternité.
Mais l'amour revêt différents manteaux. Et cet amour là a prit le chemin de la fraternité et de l'amitié.Vivre dans sa vie une amitié aussi belle et aussi forte depuis plus de 15 ans vaut largement la palme sur l’échelle des sentiments.
La passion m'a manqué, le sexe, le désir, l'animalité.
Durant des années, malgré une faiblesse de ce coté là j'étais comblée. Mais avec le temps, s'est devenu lourd, quelque chose s'est réveillé en moi. Plus je devenais femme et plus j'avais des besoins physiques. Besoin d'être désirée. Besoin d'un épanouissement de ce coté là.

A 28 ans, sans m'y attendre j'ai vécu le coup de foudre. Ravageur. Tombée amoureuse d'un psychopathe, menteur et névrosé n'est pas une bonne idée ! Mais quelle découverte ! Je suis devenue une autre femme avec lui, a travers le désir qu'il me portait et j'ai renoué avec ma sensualité endormie.
18 mois après ma séparation avec ce monstre, je pense encore à lui et je souffre. La blessure se referme. Bientôt je n'y penserai plus du tout. La rage fera place a l'ignorance, la déception sera une force.
A l'heure où je met en ligne ce post, la blessure est est cicatrice a peine visible.

Mais depuis, mon cœur est vide. Il y a comme un trou à l’intérieur.
J'ai essayé, quelques aventures. Je n'ai su qu'être fausse et cynique.
J'ai seulement 30 ans.
Une nouvelle partie de ma vie commence, je ne veux pas devenir cynique. Comme ces trentenaires, dynamiques et beaux que l'on voient dans des reportages TV de mauvaise qualité, qui sont seuls, rêvent de construire un foyer sans trop savoir si c'est parce qu'on leur a bourrés le moue avec des conventions sociales ou si ils le font parce qu'ils pensent que leur bonheur ne peut passer que par ça. Je refuse de passer ma vie a flirter, sans jamais trouver celui qui me fera vibrer, avec qui je serai libre et heureuse.
Et si l'amour aussi nous était imposé comme un accès obligatoire au bonheur ?
En réfléchissant bien je n'ai jamais été aussi moi même depuis que je suis célibataire.
Libre. Sans contrainte. Je suis moi même a 100%, je ne cache plus les défauts. Je ne me suis jamais sentie aussi seule et aussi vivante en même temps. Quel paradoxe.
Une femme seule et sans enfant. A mon âge, on commence a me catégoriser. (j'en ferai un post plus tard )
Nous sommes nombreux ainsi. La quête absolue du bonheur amoureux et de la liberté totale de revendiquer a être soit même.
J'ai enchainé quelques amants l'hiver dernier. Cela m'a donné confiance en moi. Réalisé a quel point je n'avais pas d'expérience, peu de connaissance de mon propre désir.
Incapable de dire ce que j'aimais vraiment, ce qui me procurait du plaisir.Je cherchais a me comprendre.
Puis j'ai opté pour l'option Sex Friend. Ça s'est un peu fait tout seul. Un feeling exclusivement sexuel mais complétement addictif.
La première fois de ma vie que je me lâche réellement. Que j'ose être décomplexée. Que je décide.
Qu'un homme me désire a ce point là, soit accro a mon corps ne me semble plus péjoratif. J'ai un contrôle totale sur ma sexualité. Je décide quand on se voient, je pause mes barrières, il les respecte, même si j'en ai peu avec lui. Je n'ai pas peur de son jugement car je ne l'aime pas. Avec lui, j'oublie mes complexes et mes devoirs, je ne fais jamais semblant. Je ne me force jamais. Je ne simule pas pour "abreger" je ne simule pas "pour lui faire plaisir".  Je ne me souviens pas avoir été si libre en faisant l'amour.
Combien sommes nous a en rajouter ? Pour se débarrasser ? A céder aux avances de notre conjoint pour éviter le conflit ? Ou pour lui faire plaisir ? J'avais banalisé ça. J'ai utilisé le sexe comme un moyen "qu'on me fiche la paix" ou même plus pernicieusement de contrôler mon partenaire.
Enfin décomplexée, j'assume une relation qui ne mènera jamais nulle part mais qui m'apporte bien plus que certaines de mes relations "amoureuses"
Et je deviens femme enfin..........

1 commentaire:

  1. Bonjour, c'est Roxane du blog des femmes guerrières. J'ai publié votre reportage sur les femmes dans l'armée rouge et vous ai mentionnée. J'ai lu votre article et j'y reconnais pas mal de choses. Il est difficile de savoir ce que NOUS voulons et on a tendance à suivre ce que les autres veulent de nous, on est en conflit avec l'autre mais avec nous-même également. Néanmoins je pense que l'être humain a une capacité d'adaptabilité et trouve toujours moyen d'être heureux par un moyen ou par un autre (c'est peut être bien là le problème: on trouve toujours un bon coté à une relation malsaine et c'est pour ça qu'on s'y retrouve enfermé). En tout cas bon courage

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